—Tony, je vous jure que c'était un rêve.
—Et moi, je vous jure, madame, que c'était une réalité.
—Oh! mais, ne dites pas cela! Ne me donnez pas une fausse joie... Tony, la désillusion, après, serait trop douloureuse...
—Eh! trompe-t-on une accouchée? Non, madame, je ne vous mens pas. Peut-être, par une étrange erreur de l'imagination, avez-vous pris pour une illusion la plus douce des vérités? Ce serait à donner envie à M. le marquis de retourner où il était...
—Oh! ne dites pas cela.
—Alors, ne niez plus!... Vous deviez pourtant être heureuse?
—Pensez donc! Le revoir, juste au moment où je puis lui montrer mon fils!...
—Qu'il aime bien déjà...
—Il le connaît donc?
—S'il le connaît? Chaque fois que l'enfant pleure, c'est le marquis qui se lève et qui le berce... Comment pouviez-vous dire que c'était en rêve que vous aviez revu votre époux? Il m'a dit lui-même que votre conversation avait duré plus de trois heures...