—Comtesse...

—Ah! poursuivit-elle, tous ceux qui me voient jeune, belle, couverte de pierreries, adorée de tous, s'imaginent que je suis la plus heureuse des femmes. D'autres encore prétendent, en me voyant refuser tous ceux qui aspirent à ma main, que je suis une jeune fille sans coeur. Hélas! les uns et les autres se trompent. Vous seul saurez le secret de ma mystérieuse existence.

La jeune fille parlait avec une émotion grave, pleine de dignité. Je pris sa main et la portai respectueusement à mes lèvres.

—Madame, lui dis-je, quelque terrible que puisse être le secret que vous allez me confier...

—Oh! dit-elle en m'interrompant, je sais qu'il sera gardé.

—Parlez donc, madame, je vous écoute...

—Monsieur le marquis, reprit-elle, je ne suis point la fille du comte.

Je fis un geste de surprise.

—Je ne suis pas Hongroise.

A cette révélation, mon étonnement redoubla.