—Comme vous voudrez, monsieur le marquis.

Mame Toinon, en un clin d'oeil, eut assorti des étoffes, empli trois grands cartons et appelé, du seuil de sa porte, un commissionnaire; puis elle se pencha à l'oreille de son cher commis et lui dit:

—Reviens au plus vite. Il faut que tu te fasses poudrer et que tu te costumes.

Le commissionnaire plaça les cartons sur ses crochets et s'apprêta à suivre le client de mame Toinon.

—De quel côté allons-nous, monsieur le marquis? demanda Tony.

—Dans l'île Saint-Louis.

Alors le jeune homme, voulant éviter au grand seigneur l'ennui de cheminer côte à côte avec un commissionnaire, invita ce dernier à prendre les rues de traverse et à aller attendre à l'entrée de la rue Saint-Louis-en-l'Isle.

Le marquis, lui, se prit à questionner Tony, tout en marchant. Tony était peu timide; il avait l'esprit alerte et souple, un peu moqueur, de l'enfant de Paris; il s'était toujours plu en la compagnie de gens de qualité, lesquels affluaient dans la boutique de mame Toinon, et, le gentilhomme lui ayant quelque peu lâché la bride, le commis se mit à jaser de choses et d'autres.

Le marquis le regarda tout à coup attentivement.

—Tu as la figure fine, dit-il, le pied petit, la main blanche et délicate.