»Cette femme et cet enfant, messires mes fils, les voilà!

»Si la Bretagne doit jamais reconquérir son indépendance et son rang parmi les peuples, la couronne ducale sera placée sur le front de cet enfant: il est le chef de la race.»

Le châtelain s’arrêta et croisa les bras sur sa poitrine; alors, d’un commun élan et mus par la même pensée, les quatre cavaliers se levèrent, tirèrent leurs épées et s’approchèrent du lit où l’enfant dormait toujours.

Et comme deux heures sonnaient au beffroi de la tour, don Paëz, qui était l’aîné de tous, étendit son bras et son épée au-dessus de la tête de l’enfant, et dit:

—Sire duc, notre neveu et notre maître, nous te reconnaissons duc souverain de Bretagne, de plein et légitime droit;—et, notre épée aidant, nous te ferons duc de fait! Sire duc, notre neveu et maître, j’espère dévouer ma vie à la restauration de notre race, en ta personne, sur le trône de la vieille Armorique.

Et, ayant parlé, don Paëz se couvrit, comme c’était l’usage alors, après avoir tenu discours à un souverain, et il fit un pas en arrière avant de rendre son épée au fourreau.

Après lui vint Gaëtano, qui répéta mot pour mot le même serment, puis se couvrit.

Les deux autres cavaliers jurèrent comme leurs frères; comme eux, ils remirent rapière au fourreau et feutre en tête.

Alors, le vieux châtelain de Penn-Oll, reprit:

«J’avais raison de croire à notre antique adage: «Bon sang ne peut mentir;» vous êtes de l’héroïque race de Dreux, messires mes fils, et si je meurs avant que notre tâche soit remplie, je descendrai calme et confiant au cercueil.