Don Paëz s’élança de nouveau vers la meurtrière.

La nuit était obscure, mais les brouillards s’étaient levés peu à peu, et la lueur phosphorescente qui tremblottait à la cime floconneuse des vagues, eût jeté assez d’éclat pour trahir, aux yeux perçants des sentinelles, la présence d’un homme ou d’une embarcation à la mer. Il était impossible que Henry et Gaëtano osassent se risquer avant une heure avancée de la nuit dans les parages des casemates.

Don Paëz quitta la meurtrière découragé, mais domptant son émotion et ne voulant point accabler de son désespoir son frère si fort abattu déjà.

Tout à coup l’Espagnol frissonna.

Un bruit de pas se faisait entendre au-dessus de sa tête et semblait provenir d’un escalier tournant creusé dans l’épaisseur du roc, lequel reliait le cachot à la plate-forme de la forteresse.

Venir, à cette heure de la nuit, visiter un prisonnier dans son cachot, était chose de sinistre augure.

Don Paëz prêta l’oreille et porta instinctivement la main à la garde de son épée.

Les pas approchaient et devenaient plus distincts... Quelques instants après ils retentirent à la porte, dont les verrous crièrent bientôt sur leurs anneaux.

Don Paëz regarda rapidement autour de lui et chercha un lieu de refuge, une retraite quelconque où il pût dissimuler sa présence.

Malgré la rigueur avec laquelle le prisonnier était traité, on lui avait laissé son manteau, et la paille de son grabat était abondante.