—En vérité? fit le roi, et sans cela vous l’eussiez refusée?

—Peut-être... sire.

Le roi se mordit les lèvres, mais au lieu d’éclater, ainsi que cela lui arrivait souvent, après un mot impertinent, il se contenta de sourire et répondit:

—Tu es donc fier, ami Paëz?

—On doit l’être, quand on a l’honneur de servir Votre Majesté.

Le roi frappa amicalement sur l’épaule de son favori, geste qui impressionna désagréablement ses rivaux; puis il fit un signe et demanda qu’on le laissât seul avec son colonel des gardes.

La chambre royale fut évacuée sur-le-champ; une fois seul avec Paëz, le roi dit au colonel des gardes:

—Ami Paëz! je te disais ce matin que tu avais de grands ennemis à ma cour.

—Qu’importe! si j’ai l’amitié de Votre Majesté.

—Tu l’as. Cependant il court d’étranges bruits sur vous. On dit que vous êtes ambitieux...