Un large sourire épanouit le visage sombre de Philippe II.

—Tu as de l’esprit comme le roitelet de Navarre.

—Merci, sire.

—Et puisque tu as tant d’esprit, tu devrais songer que je deviens vieux, que j’ai la goutte, qu’une journée de chasse est bien pénible pour moi et que j’ai besoin de me coucher. Frappe sur ce timbre, Paëz, mes gentilhommes me vont venir déshabiller...

—Vous passerai-je la chemise, sire?

—Tu vois bien que tu es ambitieux, Paëz, mon ami, car tu réclames une faveur de prince du sang. Non, va-t’en; il n’y aura pas, ce soir, de coucher du roi.

Don Paëz s’inclina.

—A propos, dit le roi, si tu n’étais pas trop las, tu ferais bien te mettre en route dès ce soir.

—Pour Grenade?

—Sans doute. Le temps est précieux, mon maître.