Don Paëz attacha son œil perçant sur le roi. Le roi avait l’air d’un bonhomme qui n’entendait absolument rien à la politique, et n’avait d’autre préoccupation grave que la goutte dont il souffrait fort.

—Je ne suis jamais las, dit le favori, quand il s’agit du service de Votre Majesté.

—Bien parlé, messire. Ainsi c’est convenu, tu pars ce soir, sans bruit, presque seul, avec quelques gardes bien entendu;—un colonel du roi ne voyage point sans escorte.

—Sire, m’accorderez-vous une grâce?

—Parle, ami Paëz, j’accorde toujours à ceux que j’aime.

—Je voudrais composer moi-même la garnison de l’Albaïzin.

—Eh bien!... prends les régiments que tu voudras.

—Je demanderai donc le premier escadron des gardes, le régiment de gendarmes allemands que commandait don Fernand de Valer, et, de plus, une compagnie de lansquenets.

—Soit, je te les accorde. Ils partiront demain, tandis que tu les précéderas pour prendre possession de la place.

Don Paëz baisa les mains du roi et fit un pas pour sortir. Sur le seuil il s’arrêta: