Don Fernand se mêla à un groupe de courtisans qui causaient dans le fond de la salle; don Paëz s’approcha de la table du roi et se plaça derrière le marquis de Mondéjar.
Le grand inquisiteur l’aperçut et lui fit signe d’approcher.
—Tenez, don Paëz, dit-il, le marquis et moi sommes en querelle. Savez-vous pourquoi?
—Il ne tiendra qu’à vous, monseigneur, que je le sache bientôt.
—Eh bien! je soutiens que les Maures sont la plaie et la perdition de l’Espagne.
—Et moi, ajouta le marquis, je réponds à Sa Grandeur que les Maures sont la fortune, les arts, le commerce, l’industrie, l’opulence de l’Espagne.
—Moi, fit don Paëz avec un sourire, sans vouloir approfondir la question religieuse, au point de vue de laquelle parle monseigneur le grand inquisiteur, je me permettrai d’être de l’avis de M. le marquis de Mondéjar.
Ces paroles étaient à peine tombées de la bouche de don Paëz que le roi, jusque-là entièrement absorbé en apparence par son jeu, et qui, cependant, ne perdait pas un mot de l’entretien, se tourna et dit froidement:
—Messire don Paëz?