—Je suis le dernier descendant de la race royale des Abassides, comme toi le dernier des Abencerrages, répondit Pedro.
—Tu es presque mon égal, dit don Fernand en saluant.
—Je serai ton sujet ou ton ennemi, don Fernand, ton roi ou ton lieutenant.
—Que veux-tu dire?
—Je veux dire que dans huit jours, si les bruits sinistres qui circulent à Madrid sur notre race se confirment, les Maures se lèveront en armes, secoueront le joug odieux qui les accable, et évoquant l’ombre de Boabdil, leur dernier et malheureux souverain, se referont enfin un roi.
—Et ce roi? demanda don Fernand.
—Ce sera toi si tu acceptes, moi si tu refuses.
—Je ne refuse ni n’accepte, dit froidement don Fernand.
—Que signifient ces paroles?
Don Fernand examina le sablier qui coulait sans s’arrêter dans un coin de la chambre, et, étendant la main: