—J’ai peut-être un moyen de délivrer les Maures, frère, un moyen pacifique, une alliance qui leur rendrait leur antique splendeur sans les séparer de l’Espagne.
—Ce moyen, quel est-il?
—Je ne puis te le dire encore, car peut-être ne réussira-t-il point. Demain seulement, Aben-Farax, je saurai si je dois être roi.
—Soit;—à demain.
—Et si je refuse demain la couronne?
—Eh bien! tu me diras ton secret. S’il est efficace, les Maures s’inclineront et auront foi en ta sagesse, sinon...
—Sinon? fit don Fernand inquiet.
—Sinon, je serai roi.—Adieu...
Et Aben-Farax, saluant don Fernand, disparut avec la rapidité d’un fantôme.
Don Fernand se mit au lit; comme don Paëz il ne dormit pas, comme lui il examina froidement la situation, et, le matin venu, quand le tumulte des cours intérieures lui apprit que l’heure de l’épreuve fatale allait sonner, il dit: