—Allons voir si je serai gendre du roi, ou roi moi-même.

CHAPITRE CINQUIÈME
V

L’infante avait le plus charmant costume de chasse qui eût jamais été porté à la cour de France, cette reine des cours.

On eût dit que madame Marguerite de Valois, reine de Navarre, et la plus habile des princesses en matière de modes et de travestissements de femme, avait présidé à son ajustement après avoir conseillé les fournisseurs.

L’infante avait une plume blanche à son chapeau, de grosses émeraudes boutonnaient son amazone bleu clair, un gant de peau jaune d’or enfermait sa main délicate, et elle portait sur l’épaule une trompe de chasse avec la grâce charmante d’un page mutin et babillard.

—Duchesse, disait-elle à la camérera-mayor, tandis qu’elle passait au travers des escaliers et des corridors jonchés de courtisans: duchesse, je veux aujourd’hui voir la mort de l’ours de si près, qu’on puisse dire que pour le courage et la hardiesse, les infantes d’Espagne valent les gentilshommes d’ailleurs.

Au moment où la jeune princesse achevait, elle se trouva sur le seuil de la cour d’honneur, où piaffaient aux mains des varlets le cheval du roi et le cheval de l’infante.

—Quel bonheur! dit l’infante en battant les mains, j’arrive la première..... avant le roi.