—Pourquoi cela, monseigneur?

—Parce que les Maures seront protégés par lui, quoiqu’il arrive.

—Tant mieux! répondit le chancelier, nous l’accuserons de tiédeur, on le rappellera et nous enverrons le duc d’Albe à Grenade.

Un éclair passa dans les yeux du grand inquisiteur.

—Vous avez raison, dit-il.

—Et puis, continua le chancelier, le marquis Mondéjar nous gênait ici; il était tout dévoué à don Paëz, et il nous faut perdre celui-ci dans l’esprit du roi.

—Ce sera fort difficile, chancelier.

—Vous croyez? murmura flegmatiquement don José Déza.

Et en ce moment le lancer fut sonné sous le couvert, les chiens découplés s’élancèrent, en hurlant, sur la brisée, et les plus ardents des veneurs, sans attendre le roi, emportés par cette indomptable passion que les sons du cor allument et excitent chez certains chasseurs d’élite, mirent leurs chevaux au galop et suivirent les chiens.

A leur tête, on voyait courir l’infante, dont le cheval ardent laissait déjà derrière lui presque tous les autres. Mais un cavalier la suivait de près et galopa bientôt à ses côtés; c’était don Paëz.