Le parchemin contenait les quelques mots suivants:

«Notre volonté royale est que, sous aucun prétexte, et l’ennemi fût-il sous les murs, le gouverneur de l’Albaïzin ne franchisse les murs de sa forteresse. S’il résistait à cet ordre, il serait déclaré coupable de haute trahison, déchu de son rang et de son emploi, et don Fernando y Mirandès serait chargé du gouvernement provisoire de l’Albaïzin.

La signature du roi était authentique.

Don Paëz poussa un cri de rage, et mesurant don Fernando du regard:

—C’était donc vous, fit-il avec hauteur et dédain, qui étiez le véritable gouverneur ici?

—Vous vous trompez, monseigneur, répondit humblement le capitaine, j’étais simplement chargé de vous rappeler la volonté du roi.

—Je m’y soumets, monsieur, fit don Paëz avec un calme superbe; mais souvenez-vous bien de ceci: le chancelier don José Déza, dont vous me paraissez être l’âme damnée, a la première manche de notre partie, mais j’aurai la seconde, et qu’il prenne garde!

Le capitaine s’inclina avec indifférence.

—Prenez, dit-il, les troupes de la garnison qu’il vous plaira, monseigneur, j’emmène les autres au combat... Et c’est mon droit, ajouta-t-il, car je commande ici en second.

Il remit son chapeau et sauta en selle.