—Alors, veuillez me conduire dans vos caves.

—Elles sont vides! murmura le vieillard effrayé... nous n’avons plus d’or... on nous l’a pris.

—Si vous n’avez plus d’or, vous avez une issue mystérieuse...

—Monseigneur se trompe, assurément.

—Mon maître, dit froidement don Paëz, vous avez dans vos caves l’issue d’un souterrain; ce souterrain aboutit aux Alpunares; par cette issue, ce soir, à minuit, votre fils Aben-Farax pénétrera dans l’Albaïzin avec cent cinquante hommes...

Le vieillard ne chercha point à nier, mais bien à s’échapper des mains des soldats et à courir au fond de sa maison pour donner l’alarme.

—Si cet homme fait un pas, tuez-le, ordonna don Paëz.

Le vieillard rugit, mais l’instinct de la conservation l’emporta chez lui sur tout autre sentiment, et il demeura paisible aux mains des soldats.

—Conduisez-nous, dit alors don Paëz; sur ma foi de gentilhomme, il ne sera fait de mal à personne, et aucune vengeance ne sera exercée. Mais que tout le monde se rende, ou j’ordonne un massacre général des Maures dans l’Albaïzin. Demain je rendrai la liberté à tout le monde, et l’inquisition ne sera point instruite de cette tentative de révolte.

Le vieillard guida don Paëz et ses hommes à travers un dédale de corridors, et les conduisit par un étroit escalier jusqu’à une salle souterraine éclairée par de nombreuses torches, et au milieu de laquelle une douzaine de Maures, la plupart jeunes et vigoureux, apprêtaient des armes de toutes natures et fabriquaient des munitions et des engins de guerre.