A la vue inattendue des soldats, ils se levèrent précipitamment et portèrent la main à leurs pistolets et à leurs poignards; mais le vieillard leur cria soudain:

—Bas les armes! nous sommes trahis!

Quelques-uns vociférèrent; don Paëz leur dit:

—Si vous voulez faire massacrer tous les Maures de Grenade et de l’Albaïzin, vous n’avez qu’à tirer un seul coup de feu.

Les Maures se rendirent à merci.

—J’ai nom don Paëz, reprit le gouverneur, et comme je suis loyal, j’ai foi en la loyauté des autres. Voulez-vous être mes prisonniers sur parole?

—Soit, répondirent-ils.

—En ce cas demeurez ici, et qu’aucun de vous ne bouge.

Puis don Paëz se tourna vers le capitaine de lansquenets:

—Emmenez le barbier avec vous, dit-il, pénétrez dans toutes les maisons, désarmez sans bruit les conspirateurs; si l’on résiste, faites tuer à coups d’épée, mais que pas un coup de feu ne soit tiré.