Le capitaine s’inclina.

—Ensuite, poursuivit don Paëz, vous enverrez un détachement à la forteresse et ferez apporter ici une vingtaine de barils de poudre.

Les Maures se regardèrent avec effroi:

—C’est pour faire sauter Grenade et l’Alhambra si besoin est, dit tranquillement don Paëz.

Ces ordres furent promptement exécutés.

Tandis que le capitaine de lansquenets, avec une partie de ses hommes, désarmait et cernait les maisons suspectes, guidé par le barbier, un officier apportait en toute hâte les barils de poudre demandés par don Paëz.

La salle où le vieillard l’avait conduit n’était autre que le point de jonction des deux souterrains, fermés par une porte de fer.

Don Paëz se fit ouvrir celle qui conduisait à l’Alhambra, et ordonna qu’on y plaçât les deux tiers de la poudre, laissant le reste dans la salle.

Il avait près de lui une vingtaine d’hommes, il en fit demander trente autres à la forteresse; puis quand minuit approcha, il ordonna qu’un baril fût défoncé, se fit ensuite une torche, et se plaça à côté, sans que les Maures frissonnants pussent deviner son projet.

Au moment où minuit sonnait, deux coups discrets furent frappés à la porte du souterrain qui venait des Alpunares.