—Frère, dit-il, as-tu foi en ton étoile comme moi en la mienne?
—J’ai foi en mon droit.
—As-tu la certitude de reconstituer le royaume de Grenade et de vaincre ce sombre monarque qu’on nomme Philippe II?
—Peut-être, murmura don Fernand avec un sourire, pourvu que tu ne me maltraites point souvent comme il y a trois jours sous les murs de l’Albaïzin.
—En ce cas, s’écria don Paëz, frère, je suis à toi! Je t’ai amené cinq cents hommes, je viens de soutenir une lutte acharnée à leur tête, et de passer sur le corps d’un régiment qui fuit, à cette heure, sanglant et mutilé... Ces hommes sont campés à une lieue d’ici et ils m’attendent; je cours les chercher et je combats désormais avec toi, côte à côte et sans relâche, car je veux me venger!
—Et si nous sommes vainqueurs? demanda le roi maure.
—Eh bien! fit don Paëz.
—Ma sœur... murmura le roi.
Don Paëz hésita:
—Eh bien! reprit-il, je l’aimerai.