Don Fernand était mort—et le château brûlait.

Alors don Paëz se redressa; il poussa un soupir, mit la main à la garde de son épée, et, rejetant la tête en arrière avec un geste plein de noblesse, s’écria d’une voix grave et solennelle:

—J’avais donc raison de croire en toi, ô mon étoile,—je suis roi!

—Et tu m’aimes, n’est-ce pas? murmura la gitana en courant vers lui et l’enlaçant de ses bras d’albâtre. Oh! aime-moi, mon Paëz, car je n’ai plus que toi maintenant, et le sang de mon père vient de sacrer notre union.

Mais don Paëz répondit soudain:

—Arrière! femme! je n’ose pas t’aimer, car le jour où je t’aimerai, le malheur fondra sur moi et j’aurai perdu mon génie!

C’était la troisième fois que don Paëz repoussait impitoyablement cette femme, qui lui parlait d’amour avec sa voix enchanteresse et son regard fascinateur. Pour la troisième fois il lui disait: «Je ne t’aime pas! je ne veux pas t’aimer!»

Mais, cette fois, sa voix tremblait si fort en prononçant ces mots, que la gitana tressaillit de joie et répondit:

—Tu ne m’aimes pas, don Paëz, tu ne m’aimes point encore, mais l’heure est proche où tu m’aimeras.

—Ne dis pas cela, s’écria don Paëz, ou je renonce sur l’heure à ce trône que tu me vas donner!