—Qu’importe! si vos pères sont déchus et si leurs descendants sont en exil?

Don Paëz baissa la tête et frappa le sol de son pied avec un geste de colère.

—Ami, reprit le roi de Grenade, vous vouliez être gendre de roi, soyez frère de roi.

Une fois encore, peut-être, l’hésitation entra au cœur de don Paëz; mais, par un dernier effort sur lui-même, il releva la tête et répondit:

—Non, cela ne se peut!

—Et pourquoi mon ami?

—Parce que, répondit don Paëz, l’amour tue l’ambition, et que je préfère l’ambition à l’amour.

—Insensé!

—Demandez à l’aigle, fit le gentilhomme avec enthousiasme, pourquoi son vol est si hardi que nul n’ose le mesurer? Demandez au génie pourquoi il s’écarte des routes frayées et marche sombre et à côté de la foule, aux lèvres de laquelle étincelle le rire? Et l’aigle, ce roi des airs, le génie, ce roi de l’espace, vous répondront qu’un souffle inconnu, une haleine brûlante les poussent, et que ce souffle, cette haleine, sont l’haleine et le souffle de Dieu!

Don Fernand se couvrit le visage de ses deux mains: