Il est en contact direct et de tous les instants avec les condamnés.

Les clefs qu'il porte à la ceinture n'ouvrent que les portes intérieures de la prison.

Son pouvoir meurt à la grille du portier-consigne.

Celui-ci est un homme libre; de sa fenêtre il voit la rue; à chaque instant, il parle à des hommes libres.

Ce n'est plus un bourreau, c'est un homme libre.

Il est bon homme, il est serviable et concilie quelquefois l'humanité avec les règlements.

Il s'intéresse à tel ou tel prisonnier, et lui fait passer quelques douceurs apportées par les parents.

Master Pin, tel est son surnom, car son vrai nom, les gens du dehors l'ignorent, vient à Queen's tavern tous les jours, mais surtout les vendredis.

On lui a remis le matin la liste des prisonniers qui pourront aller au parloir, il a cette liste dans sa poche, et il dit aux parents: «Vous pouvez vous en aller, votre homme a été puni» ou bien «vous verrez le petit il est sur la liste.»

Donc, Master Pin se promenait à travers la foule grouillante de Queen's tavern, lorsqu'un homme qui s'était tenu immobile dans un coin jusque-là, vint à lui et le salua de ses paroles: