On met à l'étoupe tout condamné qui n'a pas d'état. On lui donne le matin un paquet de vieux cordages goudronnés et coupés par morceaux.

Alors, sans autre outil que ses ongles, il est obligé de faire de ce paquet un tas d'étoupes, et, au dire des condamnés, c'est la tâche la plus dure.

Mais ce n'était pas encore dans cette salle que devaient s'arrêter les ouvriers.

Ils traversèrent la partie cellulaire de la prison et enfin, après avoir traversé une petite cour, ils virent s'ouvrir une dernière porte.

Alors John Colden ne put s'empêcher de frissonner.

Il était au seuil du tread mill que les condamnés appellent le moulin sans eau, et il allait voir enfin ce pauvre enfant que mistress Fanoche avait volé à sa mère, que Bulton et Suzannah avaient perdu et que M. Booth, l'inflexible magistrat de police, avait condamné aux travaux forcés.

V

Maintenant reportons-nous au moment où Ralph, le petit Irlandais, cet enfant sur la tête de qui, disait-on, reposait l'espoir de l'Irlande était entré à Cold Bath field.

A Londres, comme à Paris, le transport des prisonniers se fait en voiture cellulaire.

Chaque jour une sorte d'omnibus à fenêtres grillées et prenant le jour par en haut fait le tour des cours de police et y prend les prisonniers, pour laisser les uns à Bath square, les autres, à Mil bank, ou à Clarcken weld, et, ce qui est plus grave à Newgate.