Après sa condamnation, Ralph n'avait vu, n'avait entendu, n'avait compris que trois choses:
D'abord que sa mère tombait à demi-morte en jetant un cri;
Ensuite qu'on allait le séparer d'elle de nouveau.
Enfin que quelque chose d'épouvantable l'attendait, puisque, au mépris du respect dû à la justice en général et à M. Booth en particulier, la foule qui se trouvait dans le prétoire avait murmuré hautement.
Cependant Ralph ne poussa pas un cri, ne versa pas une larme.
L'héroïque enfant, les mains étendues vers sa mère qu'un homme emmenait et qui lui jeta un regard mourant, se laissa entraîner hors du prétoire par deux policemen qui le reconduisirent dans son cachot.
Sur son passage, il trouva Katt tout en larmes qui le prit dans ses bras avec effusion et l'y pressa longtemps.
Ce ne fut que lorsqu'il se trouva seul que Ralph sentit ses nerfs se détendre et qu'il se mit à fondre en larmes.
Puis une sorte de prostration morale et physique s'empara de lui, et il tomba épuisé sur la paille de son cachot, où il s'endormit, peu après, de ce sommeil profond qu'amène le désespoir arrivé à sa limite suprême.
Quand le bruit de la porte qui s'ouvrait l'en arracha, plusieurs heures s'étaient écoulées.