Ralph avait dormi, Ralph avait rêvé.
Son rêve l'avait transporté dans cette verte Erin, sa patrie, pour laquelle il était déjà martyr.
Il avait retrouvé sa pauvre chaumière, et sa mère qui lui souriait, et le vieil Irlandais, pêcheur de morue, son aïeul, qui lui enseignait à prier Dieu.
Tout le reste s'était évanoui comme un cauchemar.
Hélas! Ralph fut bientôt rendu au sentiment de la réalité.
Les deux policemen qui faisaient le service de la cour de police de Kilburn se représentaient à ses yeux de nouveau et, cette fois, l'un d'eux lui disait:
—Allons, lève-toi et suis-nous.
Ralph obéit sans mot dire.
Maintenant qu'on l'avait séparé de sa mère, que lui importait d'être en prison là ou ailleurs.
On lui fit remonter les marches de cet escalier tortueux et sombre que le prétendu lord Cornhill avait rempli la veille de ses exclamations d'étonnement et d'admiration.