L'enfant eut un dernier espoir, celui de rencontrer miss Katt, une dernière fois.
Mais M. Booth s'était laissé aller, par extraordinaire, à gronder sa fille, à l'issue de l'audience, trouvant inconvenant qu'une personne décente et bien élevée comme elle s'apitoyât ainsi sur le sort d'un petit vagabond que la loi venait de frapper.
Miss Katt était allée s'enfermer dans sa chambre et y pleurer tout à son aise.
Comme Ralph traversait un des corridors, il rencontra Toby, le secrétaire de M. Booth.
Toby, pour plaire sans doute à miss Katt, ou plutôt par les ordres de cette dernière, lui jeta un plaid sur les épaules.
La nuit était venue, une bise aigre et froide se dégageait du brouillard que perçait la lueur des deux fanaux de la voiture cellulaire.
La libre Angleterre fait voyager ses prisonniers la nuit, autant qu'elle le peut.
Il est inutile de dire à un peuple qui se croit le plus libre du monde qu'il y a chez lui des prisons, des bourreaux et des geôliers.
Un policeman prit Ralph sous les bras et le monta dans la voiture.
Ralph n'avait jamais vu, ou ne croyait avoir jamais vu cet homme.