Quand M. Whip appelait un condamné et lui enjoignait de s'approcher de son tabouret, sur lequel il trônait comme un tyran, toute la salle avait la chair de poule: on savait que l'homme-fouet allait se refaire un peu la main.
Ralph s'était donc approché.
Mais l'enfant ne tremblait pas. Il avait même la tête haute et son regard limpide et fier brava l'oeil féroce de M. Whip.
Celui-ci le questionna, le menaça, leva son fouet.
A toutes ses demandes, l'enfant fit la même réponse:
—Je ne sais pas.
M. Whip, furieux, lui appliqua une demi-douzaine de coups de fouet et le renvoya au cylindre.
Cela avait duré jusqu'au soir, ou plutôt jusqu'au moment où M. Bardel, le gardien-chef, entré inopinément dans la salle du tread-mill, et témoin des brutalités de M. Whip, lui en avait fait des reproches et n'avait pu s'empêcher de laisser tomber sur Ralph un regard de compassion.
Ce regard avait exaspéré M. Whip.
D'ailleurs, il y avait longtemps que l'homme-fouet en voulait à M. Bardel.