Cependant ce même chirurgien qui se vantait d'appartenir à une société philanthropique, ce qui ne l'avait pas empêché d'envoyer Ralph au moulin, avait déclaré que la blessure n'était pas mortelle et que Calcraff, le bourreau de Londres, ne perdrait pas pour attendre.

L'Irlandais était un de ces hommes à la foi robuste qui savent mourir pour une cause et ne la compromettent jamais par des révélations.

Par l'interrogatoire qu'on avait essayé de lui faire subir, il avait compris que Bardel était accusé.

Dès lors, de peur de le compromettre encore davantage, il s'était retranché dans un mutisme absolu qu'on pouvait prendre, à la rigueur, pour le résultat de sa faiblesse extrême.

Mais la scène changea quand le prétendu agent de police de Liverpool, M. Simouns, l'homme en qui on avait grande confiance, entra dans sa cellule.

Bien que le fameux habit eût disparu pour faire place à la tunique courte du policeman, John Colden reconnut sur-le-champ l'homme gris.

Il le reconnut au regard, au geste, à la voix et il se dit:

—J'ai eu raison d'avoir confiance en cet homme, il est plus puissant que tous ceux qui sont ici.

L'homme gris était accompagné du directeur.

Sur un simple signe qu'il lui fit, ce dernier fit retirer les deux gardiens qui les suivaient.