Et tandis que Bulton s'arrachait les cheveux et appelait, en versant des larmes, la jeune femme, qui ne lui répondait pas, Craven la déshabillait et examinait sa blessure.
Suzannah avait été, frappée en deux endroits par les projectiles du tromblon, au-dessous du sein droit et au cou.
Cette dernière blessure, qui n'avait rien de dangereux, était celle qui saignait en abondance et avait déterminé l'évanouissement.
—Morte! elle est morte! disait Bulton en se tordant les mains.
—Elle est évanouie, répondit Craven qui se mit à ausculter les deux blessures avec une certaine expérience.
Elle n'est pas même blessée grièvement: vois, la balle a glissée sur une côte, ici; là, elle n'a fait que déchirer les chairs.
Alors ces deux hommes grossiers, voleurs et assassins à leurs heures, se mirent à déchirer leur propre linge pour panser Suzannah, et arrêter son sang qui coulait toujours.
Puis Craven descendit et se procura du vinaigre dans le public-house voisin, remonta et se mit à en frotter les tempes et les narines de Suzannah.
La jeune femme poussa un soupir, puis deux, et Bulton jeta un cri de joie.
Enfin elle rouvrit les yeux, aperçut Bulton et un sourire vint sur ses lèvres.