Huc écrivait comme il entendait.

Prjevalsky (page 80). « A Elchi-san-Fou, nous avons trouvé Samdadchiemba l’ancien compagnon de Huc. Son vrai nom est : Seng-teng-chimta. »

Je me contenterai de renvoyer à la lettre du Père Dedekens, citée plus haut.

« Son vrai nom est Samdadchimba… lui qui vit chez nos missionnaires aux frais de la mission[14]. »

[14] Il ne faut pas oublier que les missionnaires, dans cette partie de la mission s’entretiennent en mogol avec leurs chrétiens.

Le voyageur russe était sujet, comme un autre, à de nombreuses erreurs involontaires relatives à la linguistique ou à la géographie. Il ne nous appartient pas de les relever ici, on pourrait nous accuser d’être poussé par un sentiment de jalousie analogue à celui que nous lui reprochons ; nous nous contenterons de mettre sous les yeux du lecteur quelques notes d’un missionnaire déjà cité, le Père Guéluy. Il verra que tout voyageur, quelque savant qu’il puisse être, doit montrer beaucoup de réserve dans les critiques qu’il fait à ceux qui l’ont précédé.

(Page 72). « Tch’ao-T’sang chen, cette lamaserie s’appelle aussi Tch’oui-poutsoung. (Prjevalsky : Tcheï-bsen). »

(Page 80). « Tchong-kar est le titre du roi des Eleuthes : ce mot signifie main orientale. L’orthographe du mot, d’après le chinois, est Tchounggar, qu’on prononce également Dzoungar. La Chine occidentale fait mention d’un royaume de Dzoungar fondé aux environs de Koui-hoa-teh’eng. Nous venons de traverser ce royaume, il est situé sur la rive droite du Hoang-hô dans le pays des Ortous. Le roi a sa résidence à cent cinquante lieues ouest de Hokéou au Toto-hoten. Là, aussi, le royaume justifie son nom, étant par rapport aux autres pays des Ortous, à l’est et non pas à l’ouest, comme l’a écrit, par erreur, Prjevalsky. »

(Page 82). « On distingue encore le Si-Fan ou Pè-Fan et He-Fan (-blanc -noir), M. Prjevalsky prétend, au moins pour le dernier, que cette distinction repose sur la couleur des feutres dont les indigènes enveloppent leurs tentes. C’est une erreur. Les Chinois accolent volontiers l’épithète de noir à celle de voleur, brigand (hé tsaï). »

(Page 84). « Doukou houen, ce mot est formé de trois caractères chinois exactement reproduits pour la prononciation. Le mot mogol serait-il Douk goun ? M. Prjevalsky écrit Dungan, que nous prononcerions Doungan.

» De même il écrit Nimbi le nom de la ville que nous nommons Nien-pé, d’après les Chinois. »