Un mot à la hâte. Nous sommes partis à huit heures et demie de la villa Eugénie hier, et arrivés à Paris à minuit un quart. Nous avons passé assez mélancoliquement les derniers jours. Quatorze personnes, dont Leurs Majestés, ont eu des maux d'estomac, coliques et vomissements la même nuit, à la même heure. Votre serviteur a été des plus maltraités. Hier, tout le monde allait bien, sauf l'impératrice et Piétri, qui souffraient encore un peu.
Il est question d'un grand remue-ménage ministériel. Un de nos amis m'a dit ce matin que, si ce changement avait pour objet de mettre de l'homogénéité dans le cabinet, il y applaudirait de tous ses efforts; mais que, si, comme il le craignait, il en résultait le renforcement du parti clérical, il se proposait de rendre son portefeuille. Je l'approuve complètement pour lui, car il a remis la barque à l'eau et la laisse dans un état excellent. Tous ces hauts et ces bas sont déplorables. Je me prends quelquefois à penser que c'est dans l'espoir d'arriver au bien qu'il commence par le pire. Très mauvais système.
L'impératrice me charge de vous remercier de votre lettre, qui lui a fait grand plaisir. Mesdames de Rayneval et de la Poëze, M. de Varaigne et tutti quanti vous disent mille amitiés.
J'ai copié votre lettre pour qu'elle fût lue plus facilement et aussi pour substituer l'empereur à César, qui aurait pu être pris pour une ironie.
Je vous écrirai demain plus au long au sujet de la conversation de Broadland [17]. Le courrier me presse.
[Note 17: ][ (retour) ] Maison de campagne de lord Palmerston.
CVIII
Paris, 11 octobre 1862.
Mon cher Panizzi,