[180] Mazarin, connaissant la coquetterie d'Anne d'Autriche et à quel point elle était sensible à ces petits cadeaux que l'on nommait alors galanteries, avait commencé d'abord par lui écrire: «Je vous envoie une boëte avec dix-huit éventails qu'on m'a envoyés de Rome; quoique je les croie aussi beaux que tous les autres qu'on a envoyés cette année, qui n'ont servi qu'à faire des présents à des gens de ce pays, qui n'ont pas le goût trop exquis. Vous recevrez aussi quatre paires de gants que ma sœur m'a envoyées dans un paquet. Il y en avait six paires, mais l'ayant ouvert en présence de Pimentel, je lui en ai donné deux, dont j'en vis une hier à don Louis, qui m'en fit compliment.» (Lettre inédite du 3 septembre, Bibl. Mazarine, Lettres manuscrites de Mazarin, t. III, p. 287, vo. Saint-Jean-de-Luz, 3 septembre).

[181] Voyez à l'Appendice la lettre inédite du 6 septembre 1659.

[182] Saint-Jean-de-Luz, 6 septembre. Lettres manuscrites de Mazarin, t. III, Bibl. Mazarine.

[183] Saint-Jean-de-Luz, 8 septembre 1659. Bibliothèque Mazarine. Lettres manuscrites de Mazarin, t. III, p. 291 vo jusqu'à la p. 293 ro. Cette lettre ne figure pas dans le recueil imprimé des lettres du Cardinal, et M. Amédée Renée, dans les Nièces de Mazarin, n'en a donné que quelques paragraphes.

[184] «J'ai été bien aise de la lettre qu'Hortense m'a écrite, et d'autant plus que vous me mandez que c'est elle qui l'a composée. Je vous prie de l'assurer de mon amitié et de dire à elle et à Marianne que, si le séjour de La Rochelle ne leur plaît pas, j'espère qu'elles le pourront bientôt changer en un autre qui leur sera plus agréable, mais que cela ne peut être que tout ceci ne soit achevé, si ce n'était que vous m'écrivissiez que ma nièce prît plus de plaisir de s'en retourner à Paris. Vous lui en parlerez, prenant pourtant garde que personne n'en ait connaissance.

«Je ne saurais assez vous dire l'obligation que je vous ai des soins que vous prenez de mes nièces; je vous prie d'être assurée que je ne manquerai pas de le reconnaître.

«Je vois par la lettre de Marianne [en vers] qu'à présent qu'elle a plus de raison, elle manque de rime; mais que, nonobstant cela, je veux absolument qu'elle m'écrive tous les ordinaires dans le même style.» (Suite de la lettre de Mazarin à Mme de Venel, en date du 8 septembre 1659.)

[185] Saint-Jean-de-Luz, le 8 septembre. Bibliothèque Mazarine. Lettres manuscrites de Mazarin, t. III, p. 293, ro et vo.

[186] Voltaire, dans son Siècle de Louis XIV, prête au Roi, en cette circonstance, comme on l'a vu plus haut, un sentiment purement magnanime: «... L'attachement seul pour Marie Mancini fut une affaire importante, parce qu'il l'aima assez pour être tenté de l'épouser, et fut assez maître de lui-même pour s'en séparer. Cette victoire qu'il remporta sur sa passion commença à faire connaître qu'il était né avec une grande âme.»

[187] Lettre inédite. Saint-Jean-de-Luz, le 14 septembre 1659. Bibliothèque Mazarine, Lettres manuscrites de Mazarin, t. III, fol. 300 vo. et 301 ro.