Le brigadier-général Oakes m'ayant communiqué avec empressement, le 14, une dépêche du lord Keith, qui mettait à la disposition de l'armée française, sur la demande du général Belliard, un quatrième vaisseau-hôpital, je prévins l'inspecteur-général qu'il nous restait cent quatre-vingts malades à embarquer.
J'écrivis, le 17, au général Belliard (no 792 de ma correspondance).
«Général, j'ai l'honneur de vous prévenir que M. l'inspecteur-général des hôpitaux de S. M. B. m'a informé qu'il avait donné des ordres pour fournir au quatrième vaisseau-hôpital, la Peggy-Success, tout ce qui lui est nécessaire.
Je lui ai fait quelques observations relativement à l'amélioration des vivres et fournitures; mais il s'est constamment retranché dans les termes de la convention, qui porte que nous serons traités conformément aux règlements maritimes de l'Angleterre.
Le Niger, vaisseau-hôpital, a mis à la voile avec tant de précipitation qu'il n'a pu recevoir différents objets très essentiels qui lui étaient destinés.»
Le lendemain l'évacuation totale des malades étant terminée, et les troupes rendues au lieu de l'embarquement, en partant pour me rendre à bord, j'écrivis la lettre suivante à M. l'inspecteur-général Young (no 795 de ma correspondance).
Rosette, le 18 thermidor an IX.
«Monsieur, j'ai l'honneur, en quittant cette place, de vous prévenir que nous y laissons cinq à six malades hors d'état d'être évacués sans compromettre ce qui leur reste d'existence.
J'espère que vous voudrez bien donner des ordres pour qu'ils soient transférés dans vos hôpitaux, où je ne doute pas qu'ils recevront le traitement le plus convenable à leur malheureuse situation.
Agréez les témoignages de l'estime la plus distinguée, que je ne cesserai de conserver pour vous, d'après vos manières loyales, et la confiance amicale que vous avez portée dans toutes nos relations.»