C'était le même vent qui élevait des nuages de poussière le 30.

Nous manquions de tous les instruments de physique, et néanmoins nous nous donnions bien de garde de nous livrer au découragement dans le cours de nos observations journalières sur les qualités sensibles de l'atmosphère, sachant que le père de la médecine ne les connaissait pas, et que nous serions trop heureux s'il nous était possible de marcher sur ses traces, malgré le progrès des sciences.

Qu'y a-t-il en effet des plus beau que les premiers aphorismes de la section troisième? et les expériences des modernes ont-elles donné des résultats plus utiles relativement à l'influence des saisons et aux changements de température sur toutes les maladies, et principalement sur les épidémies?

Nous ne nous sommes permis d'insérer cette remarque qu'en nous proposant de restreindre celles sur les maladies que nous avons traitées; elle atteste d'ailleurs d'une manière trop évidente la correspondance des maladies régnantes avec la température de la saison, pour que nous ayons pu la retrancher.

Tant que les chaleurs ont été fortes, les diverses fièvres, les rhumatismes, ainsi que les nombreuses dysenteries, ont été gastriques bilieuses; mais lorsque la fraîcheur des nuits l'a peu à peu emporté sur la chaleur des jours, le caractère catarrhal s'est montré: enfin le froid qui s'est, pour ainsi dire, fait sentir la dernière décade de frimaire, a commencé à faire tomber les dysenteries qui paraissaient devoir se perpétuer; et les maladies n'ont plus été purement gastriques et catarrhales, mais déjà compliquées de phlogose, surtout chez les jeunes gens.

La cure des maladies gastriques bilieuses consistait en un ou deux vomitifs et les minoratifs anti-bilieux répétés; cette méthode était le fruit d'une observation sans cesse confirmée; quelques gouttes de laudanum, seulement intercalées dans le traitement de la dysenterie, suffisaient pour tout déranger.

Nous avons vu que les dysenteries qui ont paru récemment cédaient, comme par enchantement, toutes les fois que l'émétique était uniquement suivi de parégoriques.

Cette découverte du caractères catarrhal avec lequel la malignité semble s'identifier, quoique nous convenions qu'elle se marie avec les autres diathèses, nous a procuré des succès à l'égard d'un grand nombre de malades qui eussent couru de grands dangers, si nous ne nous fussions tenus sur nos gardes.

Nous nous sommes décidés à faire appliquer un large vésicatoire sur l'abdomen de plusieurs dysentériques, du salut desquels il fallait désespérer, et tout-à-coup ils ont éprouvé du soulagement: en peu de jours ils ont été sauvés.

Nous recommandions de saupoudrer les emplâtres vésicatoires avec du camphre, et nous prescrivions une émulsion nitrée et camphrée. La première et quelquefois les deux précautions ont été supprimées, sans qu'il en soit résulté le plus léger inconvénient.