Les deux ouvriers, aidés de quelques sauvages, bâtirent une chapelle.
Le 23 août, de grand matin, le frère Hand se leva, fit sa prière, sa méditation, et, en attendant l’heure de la messe, alla visiter les rets où il espérait trouver les vivres de la journée. A six heures, le Père Gascon entendit des cris:
—Le frère se noie!
Il avait disparu, et son canot flottait, renversé, à l’endroit d’un filet, sur le lac tranquille.
On découvrit son corps, le lendemain.
Le Père Gascon remarqua la figure ensanglantée, sans se demander pourquoi. Il crut que le frère avait simplement chaviré, bien que, marin dans l’âme, il eût fait plusieurs fois, par des gros temps, la traversée du Grand Lac des Esclaves, en canot d’écorce. Les Indiens présents à l’ensevelissement cachèrent la vérité qu’ils savaient. Ils ne la révélèrent que beaucoup plus tard au Père Gourdon. C’était un sauvage, qui, en tirant des canards, avait blessé le frère assez grièvement pour le jeter à l’eau.