CHAPITRE XV
LES PEAUX-DE-LIÈVRES
Napolitains du Nord.—Mission Sainte-Thérèse, au fort Norman.—Rivière et Grand Lac de l’Ours.—Le Père Ducot.—Sauvé par un loup...—Le pont de glace.—Noël, le 17 décembre.—Un halo de lune et une aurore boréale.—Mission Notre-Dame de Bonne-Espérance, au fort Good-Hope.—Le Père Grollier.—Da mihi animas!—Sa rapide et douloureuse carrière.—«Je meurs content, ô Jésus!».—Le Père Séguin.—Jusqu’au fort Youkon.—Chez les Loucheux.—La conversion des Peaux-de-Lièvres.—«Le Saint est mort!»
«Pétulands et enthousiastes, les bons, mais laids, Peaux-de-Lièvres me surprirent par la légèreté apparente de leurs allures. Cela ne ressemblait en rien à ce que j’avais vu jusqu’alors. Au lieu de la taciturnité montagnaise, de la joie calme et lymphatique des Flancs-de-Chiens, de l’apathique abandon des Esclaves, je rencontrais une peuplade alerte et frisque comme une volière de hoches-queues, chaleureuse comme des Napolitains, loquace comme des Juifs, familière et sympathique comme des enfants.»
Cette impression qu’ils firent d’abord sur le Père Petitot, les Peaux-de-Lièvres la refont sur tous les Blancs qui les abordent. Moins coûte le bonheur, meilleure est son espèce. Les miséreux du Nord n’en seraient-ils pas la démonstration? Plus ils s’enfoncent dans les neiges et le dénuement, plus ils paraissent contents de leur fortune. Rien ne ferait plus envie à nos riches préoccupés et moroses que les concerts quotidiens de ces rieurs en guenilles.
Avant l’ère des guenilles, de nos guenilles, la tribu s’habillait—d’où son nom—d’un costume à la samoyède, tissé, de pied en cap, avec des lanières de peau de lièvre. La peau du lièvre oppose au froid une imperméabilité sans égale.
Deux missions s’occupent des Indiens Peaux-de-Lièvres: Sainte-Thérèse du fort Norman et Notre-Dame de Bonne-Espérance du fort Good-Hope.
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Mission Sainte-Thérèse (Fort Norman)