CHAPITRE XVII
LES CRIS
Missions Crises et leurs missionnaires.—Caractère des Cris.—Le SCALP.—Les WINDIGOS.—Cris des prairies et Cris des bois.—Quels chrétiens devinrent les Cris.
Ce chapitre n’a d’autre dessein que de faire entrevoir la perspective que le présent ouvrage, consacré surtout aux Dénés et aux Esquimaux, doit, avec regret, laisser inexplorée.
Puisse un livre plus grand et plus beau sauver un jour de l’oubli les années d’apostolat remplies par quelques prêtres séculiers d’abord, par des légions d’Oblats de Marie Immaculée ensuite, et par les religieuses, leurs auxiliaires, dans les tribus de la nation sauvage la plus populeuse, la plus répandue, et, à certains égards, la plus attachante du Nord-Ouest: la nation des Cris.
Les Cris ne pénétrèrent pas dans le district du Mackenzie; mais il formèrent la population principale des régions de l’Athabaska et de la rivière la Paix. Nous les avons vus déjà, mêlés aux Montagnais du lac Athabaska, et débordant les Castors des forts Vermillon et Dunvégan. Du fort Mac-Murray au lac la Biche, et de la rivière Athabaska à la Colombie Britannique, ils étaient, à l’époque de la création du vicariat d’Athabaska-Mackenzie, les maîtres du pays, laissant vivre à leurs côtés une poignée d’Iroquois, venus avec la Compagnie de la Baie d’Hudson, et un tronçon émigré d’une tribu Assiniboine.
La mission Saint-Bernard du Petit Lac des Esclaves marquerait à peu près le quartier central des Cris de l’Athabaska[67].
De cette mission Crise de Saint-Bernard (ville de Grouard aujourd’hui), comme de la mission Castor-Crise de Dunvégan, son aînée, les Oblats allèrent fonder tour à tour les autres missions, toujours subsistantes: Saint-Antoine et Saint-Bruno du Petit Lac des Esclaves, Saint-François-Xavier du lac Esturgeon, Saint-Martin du lac Wabaska, Saint-Augustin de la rivière la Paix, Saint-Joseph de la rivière des Esprits, Saint-Vincent-Ferrier de la Grande-Prairie, Saint-Emile de Pouce-Coupé.