Se voyant près de mourir si loin du missionnaire, et sans espoir de le voir pour se confesser, ils crurent bien faire d’écrire ce qu’ils auraient dit au père. Ils avaient prié avec ferveur, disant leur chapelet, en face de l’image de la sainte Vierge, attachée à la perche du wigwam. C’était vraiment touchant, et j’en pleurai...»



CHAPITRE XVIII
LES ESQUIMAUX

«Des Japonais».—Qualités et défauts.—L’évangélisation des Esquimaux.—Aux Bouches du Mackenzie.—En Alaska.—A Chesterfield Inlet.—Au Golfe du Couronnement.—L’Apostolat des Pères Rouvière et Le Roux.—Le meurtre.—Mort du Père Frapsauce.—Fécondité du sang.—Mission de Notre-Dame du Rosaire.

Les Esquimaux sont les habitants des terres ou, pour mieux dire, des glaces les plus désolées de notre globe.

Leurs diverses tribus parcourent le littoral de l’océan Glacial arctique, depuis le détroit de Behring, extrémité ouest de l’Alaska, jusqu’au détroit de Belle-Ile, extrémité sud-est du Labrador. Par l’océan congelé, ils se sont répandus du continent jusque dans le Groënland et dans de nombreuses îles polaires groupées, sur les atlas, sous les noms de Terre de Baffin et de Territoire de Franklin.

Leur nombre est évalué par les uns à huit ou dix mille, par les autres à quinze ou vingt mille.