(Signé): Vital J., Ev. de Satala, O. M. I.;
E. Petitot, prêtre, O. M, I.; Boisramé
[56] A mi-chemin à peu près, du fort des Liards, au fort Nelson, sur la rive droite de la Nelson, des broussailles recèlent les ruines d’un fort, le Vieux Fort, de la Compagnie du Nord-Ouest. Il fut détruit par les Esclaves et les Mauvais-Monde, qui firent croire au bourgeois qu’ils avaient tué des orignaux pour les leur offrir. Le bourgeois les acheta, sur leur parole, et les envoya quérir par ses engagés. Les serviteurs partis, les sauvages se ruèrent sur le fort sans défense, massacrèrent le commis, sa femme, ses enfants, pillèrent le butin et brûlèrent les édifices. Les engagés eurent le même sort à mesure qu’ils rentrèrent. Le fort ne fut jamais relevé.
[57] Sir John Franklin avait bâti ce fort, pour le compte de la Compagnie du Nord-Ouest, en septembre 1825.
L’illustre marin fit trois expéditions à la mer polaire, dans le but de trouver le passage du Nord-Ouest. La première en 1818, par la baie d’Hudson et le continent. La deuxième, en 1825, par le fleuve Mackenzie. La troisième en 1845, par la mer polaire elle-même. L’Erebus et le Terror, avec leur brillant équipage de 134 hommes, et leur capitaine, périrent sur l’île du Roi-Guillaume. Franklin mourut le 11 juin 1847, d’après un écrit retrouvé parmi les squelettes.
[58] La mission de Good-Hope a été dotée du titre de «Normal Climatological Station» par le Meteorological Office de Toronto, charge honorable, et quelque peu profitable, qui relève du Département de la Marine et des Pêcheries du Canada. Les missionnaires prennent, deux fois le jour, la hauteur barométrique et les températures maxima et minima. Ils ont aussi à marquer la direction et la force du vent et à rendre compte de leurs observations météorologiques diverses sur les coups de tonnerre, bolides, halos, aurores boréales, etc... De Good-Hope on voit nettement jaillir les aurores boréales, quelquefois du moins, du pôle magnétique, et se répandre, de là, dans le ciel. L’influence de ce pôle magnétique s’y fait sentir au point qu’il suffit de placer une pièce de fer, une lame de couteau, en équerre avec la ligne du pôle, et de l’y laisser une demi-journée, pour qu’elle acquière une aimantation durable. La boussole s’affole dans les parages de Good-Hope, et l’aiguille cherche à se cabrer plus qu’à tourner sur son pivot.
Les missionnaires furent, en ces dernières années, chargés de lancer des ballons d’essai, gonflés d’acétylène. L’observateur suit les ballons à l’aide du théodolite, et, par une opération de trigonométrie, détermine leur hauteur et leur direction. Ces observations, qui doivent être comparées avec celles d’autres postes établis sur le même Cercle polaire, de la baie d’Hudson à l’Alaska, sont destinées à renseigner les aéronautes de l’avenir, sur la direction des vents, dans les couches supérieures de l’atmosphère, ainsi que sur la pression atmosphérique, jugée par l’éclatement du ballon. Il a été remarqué, à Good-Hope, que quel que soit le côté d’où vienne le vent à la surface de la terre, au moment de l’expérience, le ballon finit toujours par prendre une direction Est. En été, il fait le tour par le Sud, et en hiver par le Nord.
Nous avons pris, comme échantillon des températures extrêmes, enregistrées à Good-Hope, les suivantes, du thermomètre centigrade: 4 mars 1880:-54°; 15 janvier 1901:-58° ½; 15 juillet 1892: 45° au-dessus de zéro, au soleil. Et ces températures ont été plus d’une fois dépassées.
Des stations secondaires de météorologie furent placées, aux mains des Sœurs Grises, depuis 1900, aux forts Smith et Résolution. Leurs rapports, comme ceux du fort Good-Hope, sont toujours hautement appréciés par le gouvernement.
[59] Mgr Grandin fut à Good-Hope, du 9 octobre 1861 au 9 janvier 1862. Les souffrances de cet hiver sont rappelées dans la Vie de Mgr Grandin, par le Père Jonquet. A relire aussi, dans le même ouvrage, son retour en raquettes, de Good-Hope à la Providence..... Jusqu’aux corbeaux qui descendirent sur lui pour le déchiqueter....
[60] L’évangélisation du fort Youkon fut tentée deux autres fois, avec le même insuccès, par le Père Petitot, l’été 1870, et par Mgr Clut, avec le Père Lecorre, l’hiver 1872-1873. Cf. chap. VIII.