[70] Mission Crises principales de l’Alberta-Saskatchewan (diocèses d’Edmonton, Calgary, Régina, Prince-Albert, Saint-Boniface): Saint-Albert, Lac Sainte-Anne, Rivière-qui-Barre, Hobbéma, Stoney Plain, Lac la Biche, Lac Froid, Lac d’Ognon, Lac la Selle, Lac Bon Poisson, Lac Castor, Batoche, Fish Creek, Lac Canard, Battleford, Cut Knife, Delmas, Lac Maskeg, Flett’s Spring, Lac Vert, Qu’Apelle.

Missionnaires qui s’occupèrent de ces missions: Albert Lacombe, Mgr Grandin, Pères Végreville, Julien Moulin, André, Bourgine, Hugonard, Fourmond, Gasté, Maisonneuve, Tissot, Rapet, Paquette, Légeard, Brunet, Saint-Germain, Rémas, Chapelière, Jouan, Hert, Decorby, Fafard et Marchand (les deux martyrs du Jeudi Saint, 1885, au Lac la Grenouille), Henri Grandin, Mérer, Leduc, Ladet, Lemarchand, Tissier, Van Tighem, Boulenc, Laurent Legoff, Victor Legoff, Dauphin, Lestanc, Blanchet, Thérien Adéodat, Bigonesse, Comiré, Doucet, Riou, Gabillon, Delmas, Adolphe Watelle, Simonin Xavier, Simonin Gustave, Teston, Lajeunesse, Nordman, Portier, Beaudry, Cunningham, Poulenard Joanny, Leclainche, Daridon, Balter, Simard Louis, Dubois, Damase, Pierre Moulin, Lizée, Le Bré, Culerier, Cozanet, Marchand, Victorien, Philippot, Ernest Lacombe, Angin, Tessier, Waddel, Beys, etc.

Missions Crises du Vicariat du Keewatin (Mgr Charlebois): Le Pas, Cumberland, Lac Pélican, Ile à la Crosse, Grand Portage, Lac Laplonge, Lac Canot, Norway-House, Cross-Lake.

Missionnaires: S. G. Mgr Charlebois Ovide, Pères Lecocq, Bonnald, Rapet, Pénard, Ancel, Rossignol, Thomas Julien, Boissin, Renaud, Guilloux, Pinget, Guy, Bellemare, Ducharme, Dubeau, Lajeunesse.

Tous les missionnaires énumérés en cette note, ainsi que tous ceux de ce livre, à moins qu’il ne soit fait une distinction expresse, sont des Oblats de Marie Immaculée.

Evidemment nous ne touchons pas ici aux missions des Sauteux, Pieds-Noirs, Piégans, Gens du Sang, Sioux, qui occupèrent et occupent encore tant d’autres missionnaires Oblats du Nord-Ouest.

[71] Il ne s’agit dans ce chapitre que des Cris pur sang. Autres sont les prérogatives des Cris-Métis.

[72] Tout indifférents à ce nom algonquin, que ratifia l’Académie française, les Esquimaux se désignent eux-mêmes par un mot ou,—comme du reste l’ont fait de leur côté les Indiens dont nous avons parlé dans ce livre—ils incarnent leur fierté nationale, avec leur mépris hautain pour tout étranger à leur sang: Innoït, les hommes par excellence. Ceux de l’embouchure du Mackenzie donnent aux Loucheux, leurs voisins, l’ignoble sobriquet d’Itkreleït, lentes de vermine: «—Ils sont nés des larves de nos poux, disent-ils; c’est pourquoi nous les nommons Itkreleït

[73] L’évangélisation des Esquimaux fut entreprise aussi sur la côte du Labrador, en 1875, par le Père Lacasse O. M. I. Il quitta N.-D. de Bethsiamits pour se rendre à la Baie des Esquimaux. Il trouva les indigènes ameutés contre les prêtres catholiques par la secte des Frères Moraves. Ces Frères Moraves, commerçants de fourrures avant tout, occupaient 150 lieues de la côte du Labrador; et, s’ils faisaient des adeptes, ce n’était que par l’éclat du culte extérieur et la facilité de leur doctrine. Le Père Lacasse voulut traverser ces 150 lieues du domaine de l’hérésie et de la cupidité, afin d’atteindre les Esquimaux purement païens du Nord; mais divers malheurs entravèrent les efforts de son zèle. Il fit cependant beaucoup de bien aux Esquimaux qui voulurent l’écouter, durant les deux années qu’il passa au Labrador. Il avait également appris la langue esquimaude au point d’en composer un dictionnaire. Mais le bateau, qu’il devait prendre lui-même, et sur lequel il avait embarqué ses notes, avec tout ce qui était à son usage, périt, corps et biens, dans l’Atlantique. Au sujet de la langue, le Père Lacasse écrivait l’une de ses impressions avec la verve pittoresque qu’on lui connaît:

«—En m’exerçant à prononcer un de leurs k, ou kh, j’ai failli prendre un mal de gorge. Le moyen, je vous prie, de faire partir une syllabe du creux de l’estomac, de l’étouffer à son passage dans le gosier, puis de la pousser avec violence dans le nez, et là, en dépit des répugnances et des lois de la force centrifuge, de l’avaler de nouveau, en lui donnant un coup de mort dans la gorge, où elle doit expirer».