Regarde ceci derrière mon oreille. Ne le vois-tu pas ?
Quoi ? Des cheveux gris ? Roi, ne vous faites pas de souci pour cela.
Poète, la nature est en train de me voler ma verte jeunesse pour tout peindre en blanc.
Non, non, Sire ; vous n’avez pas compris l’artiste. Sur ce fond blanc, la nature peindra de nouvelles couleurs.
Je ne vois aucune trace de couleurs.
Elles ne sont pas encore épanouies. Dans le sein de la blanche demeure sont toutes les teintes de l’arc-en-ciel.
O Poète, tais-toi ! tu me troubles en parlant ainsi.
Roi, si ta jeunesse se fane, laisse-la se faner. Une nouvelle Reine de jeunesse s’approche de toi, qui pose sur ta tête une guirlande de purs jasmins blancs en signe d’épousailles.
La fête des noces s’apprête derrière la scène.
Oh, cher Poète, tu vas tout déranger. Je t’en prie, retire-toi.