Ici ! Gardes ! Allez de suite chercher Struti-Bhushan.

Que feras-tu, Roi, quand il sera ici ?

Je me recueillerai et je pratiquerai la Renonciation.

Ah ! Roi, en apprenant vos intentions je suis venu de suite. Je puis être votre compagnon et vous aider à pratiquer le renoncement.

Toi ?

Oui, moi, Sire ; c’est notre rôle, à nous poètes, de libérer les hommes de leurs désirs.

Je ne te comprends pas, tu parles en énigmes.

Comment ne me comprenez-vous pas ? Et pourtant vous avez passé votre temps à lire mon poème ! Il y a du renoncement dans nos vers, il y a du renoncement dans nos chants. Voilà pourquoi toujours la fortune nous délaisse et pourquoi toujours nous délaissons la fortune. Nos journées se passent à initier les jeunes gens à ce culte sacré de la Fortune abandonnée.

Que leur dis-tu ?

Je leur dis : Ah ! Frères. Ne vous attachez pas aux biens de cette terre. Demeurez longtemps dans votre chambre. Puis sortez, sortez dans le vaste monde ouvert devant vous. Sortez sur les chemins les plus hauts de la vie. Sortez, nouveaux renonciateurs !