Mais poète, veux-tu réellement dire que les plus hautes routes du monde sont les sentiers du Renoncement ?
Sire, pourquoi non ? Dans le monde tout est changement, tout est vie, tout est mouvement et Celui qui se meut et voyage avec ce mouvement de vie, dansant et jouant de la flûte à mesure qu’il avance, Celui-là est le vrai Renonciateur. Il est le vrai disciple du Chanteur-Poète.
Mais alors où trouverai-je le repos ? Il me faut le repos.
O Roi, nous n’avons pas le moindre désir de repos. Nous sommes des Renonciateurs.
Mais ne devons-nous pas chercher le trésor qu’on dit ne jamais changer ?
Non, nous n’ambitionnons aucun trésor immuable. Nous sommes des Renonciateurs.
Que veux-tu dire ? O mon cher Poète, tu bouleverses tout en parlant ainsi. Tu détruis la paix de mon esprit. Appelle Struti-Bhushan. Qu’on fasse venir le Docteur.
Ce que je veux dire, Roi, le voici : Nous sommes les vrais Renonciateurs parce que nous avons le secret du changement. Nous perdons pour retrouver. Nous n’avons pas foi dans l’immuable.
Que veux-tu dire ?
N’avez-vous jamais remarqué comment la rivière, abandonnant le creux du rocher, se précipite en écumant dans le vide, elle est si prompte à se donner et c’est alors qu’elle se trouve. Ce qui est sans changement pour la rivière c’est le sable du désert où elle se perd.