Quand brille l’éclair de mes yeux, de sombres nuages orageux s’amassent-ils dans ton cœur?

Est-il vrai que mes lèvres te soient douces comme l’épanouissement de ton premier amour?

La souvenance des mois évanouis de Mai languit-elle dans mes veines?

La terre comme une harpe, frissonne-t-elle de chansons au toucher de mes pieds?

Est-il vrai, qu’à ma vue les gouttes de rosée tombent des yeux de la nuit et que la lumière du matin est heureuse de m’envelopper?

Est-il vrai, est-il vrai que, solitaire, ton amour m’a cherchée à travers les siècles et les mondes?

Et que, m’ayant trouvée, ton long désir fût apaisé par mes douces paroles, par mes yeux, par mes lèvres et mes cheveux flottants?

Est-il donc vrai que le mystère de l’Infini est écrit sur ce petit front?

Dis le moi, mon-bien aimé, tout cela est-il vrai?

XXXIII