— Vous êtes charmante, Marguerite. Mais un célèbre auteur de traités de morale, Jésus-Christ, je crois, a déclaré que la charité était le pseudonyme de l’amour. Si je fais ce que vous désirez, est-ce que votre père ne va pas s’imaginer des choses…

— Eh bien, répondit Marguerite toujours souriante, nous signerons notre traité du pseudonyme qui vous plaira. Ce ne sera pas la première fois qu’une femme aura été insultée à la place de Jésus-Christ.

— Ça, c’est trop spirituel, gronda Fulbert, j’aurais préféré une gifle.

Elle se dressa, bien cambrée dans sa robe tailleur.

— Toutes les bourgeoises ne sont pas des sottes, cher Monsieur.

— Oui, mais toutes les femmes sont folles… Vous m’accordez le temps de la réflexion ?

Elle haussa les épaules.

— Réfléchir… quand des pluies d’automne vous inondent.

— Justement… une douche après cette histoire merveilleuse d’une jeune fille charmante venant m’enlever au nom de la Charité pure… cela me rafraîchira le cerveau. Ce doit être moi qui suis fou !…

— Je m’en vais, monsieur Fulbert. Il est tard. Papa doit rentrer de Paris pour dîner.