— Épouser tes mains ! Tu as toujours de si drôles de paroles. Ah ! tu n’as guère changé d’esprit, mon Ful !
— On épouse les mains puisqu’on les demande en mariage !
— Tu as raison, mais si on n’épousait que ça…
Il eut un rire franc.
— Ça pourrait valoir mieux, certainement, sous le rapport de la correction.
Flora regarda autour de l’unique chambre de leur maison de joie. C’était sombre. Dans un coin, la lanterne qu’on lui avait prêtée, un soir, pour s’éclairer jusqu’à son château, scintillait vaguement, d’un fer blanc plus propre que le reste de son ménage. La fille se dressa, résolue, noua ses cheveux et boutonna son col, chercha son manteau.
— Je vais aller au plus près, je trouverai bien du pain et des légumes, une côtelette pour toi. Demain on arrangera des menus plus soignés. Dans ce sale pays, on doit tout de même vendre des choses ordinaires. Comment t’y prends-tu, d’habitude ?
— Je vais quelquefois dîner chez le directeur de Flachère.
— Ce M. Davenel qui a une fille ? Un homme riche ?
— Oui.