J’hésitai, aussi reprit-il très vite :
— Tout d’abord il me semble incorrect d’utiliser librement et de son propre chef des matières religieuses et surtout bibliques. Tout cela a été évidemment exprimé dans le catéchisme de telle manière que cela ne peut être mieux dit.
Je voulus faire une remarque, mais me rappelai au dernier instant que l’instituteur avait dit : « tout d’abord » ; et que par conséquent la syntaxe et le sain équilibre de la phrase exigeaient un « ensuite », peut-être même un « et enfin », avant que je pusse me permettre d’ajouter quoi que ce fût. C’est ce qui arriva en effet. Mais, comme l’instituteur a transmis à d’autres encore qui l’oublieront aussi peu que moi, cette phrase dont la construction sans défaut emplira d’aise tous les connaisseurs, je ne veux que rappeler encore ce qui, après ces belles paroles annonciatrices « et enfin », venait comme le finale d’une ouverture :
— … Et enfin… (tout en négligeant la conception très fantastique du thème) il me semble que le sujet n’a même pas été suffisamment pénétré et envisagé dans tous les sens. Si j’avais le temps d’écrire des histoires…
— Il vous semble donc que quelque chose manque dans ladite histoire ? ne pus-je me retenir de l’interrompre.
— Oui, plus d’une chose. Du point de vue de la critique littéraire, en quelque sorte. Si vous me permettez de vous parler en confrère…
Je ne compris pas ce qu’il voulait dire et répliquai avec modestie :
— Vous êtes trop aimable, mais je n’ai pas que je sache exercé dans l’enseignement aucune…
Un souvenir, tout à coup, me revint, je m’interrompis, et il poursuivit d’un ton plus froid :
— Pour ne citer qu’un défaut, il n’est pas possible d’admettre que Dieu (en supposant que nous commencions par accepter le sens même de l’histoire), il n’est pas possible que Dieu, dis-je, — que Dieu donc n’ait fait aucune autre tentative pour voir un homme, tel qu’il est, je veux dire…