— Oui, je le suis depuis une dizaine d’années et…

— C’est justement cela. Vous et votre œuvre, vous empêchez le plus souvent Dieu d’atteindre son but. Vous habillez les gens.

— Mais je vous en prie, monsieur, fit modestement l’instituteur, ce n’est que de l’élémentaire charité, et qui ne peut être que très agréable à Dieu.

— Ah, on est sans doute convaincu de cela dans les milieux autorisés ? demandai-je sans un soupçon de malice.

— Bien entendu, on l’est. En ma qualité de président de notre œuvre j’ai même dû entendre plus d’une parole élogieuse. Soit dit entre nous, à l’occasion de la prochaine promotion on veut même reconnaître mon activité en… vous comprenez ?

Monsieur l’instituteur rougit pudiquement.

— Mes meilleurs souhaits, répondis-je.

Nous nous tendîmes la main et monsieur l’instituteur s’en fut d’un pas si digne et si mesuré que je suis convaincu qu’il a dû arriver en retard à l’école.

Comme je l’ai appris plus tard, une partie de cette histoire (autant qu’elle pouvait leur convenir), est quand même parvenue aux enfants. Monsieur l’instituteur aurait-il inventé une conclusion ?

COMMENT LA TRAHISON VINT EN RUSSIE