Cependant Ostap, le vieillard aveugle, traversait déjà le village suivant, et entonnait d’une voix triste et doucement plaintive la chanson de la Justice.

Le paralytique attendit un instant. Puis il me regarda, étonné :

— Eh bien, pourquoi ne concluez-vous pas ? N’est-ce pas comme dans l’histoire précédente ? Ce vieillard était Dieu.

— Oh ! et moi qui ne le savais pas, dis-je en frissonnant.

UNE SCÈNE DU GHETTO DE VENISE

M. Baum, propriétaire, maire, capitaine honoraire du corps des pompiers volontaires, et autre chose encore, mais pour être bref : M. Baum donc, doit avoir surpris une de mes conversations avec Ewald. Cela n’a rien d’étonnant d’ailleurs ; il est le propriétaire de la maison dont mon ami habite le rez-de-chaussée. M. Baum et moi, nous nous connaissons depuis longtemps de vue. Mais dernièrement M. le Maire s’arrête, lève son chapeau tout juste assez pour qu’un petit oiseau eût pu s’envoler, si par hasard il avait été prisonnier. Il sourit poliment et prend l’initiative d’inaugurer nos relations.

— Vous voyagez quelquefois ?

— Oui, oui, répliqué-je distraitement, c’est bien possible.

Le voici qui reprend sur un ton confidentiel :

— Je crois que nous sommes les seuls ici qui aient été en Italie ?