Je regardais encore toujours dans le ciel qui s’éteignait lentement, lorsque quelqu’un dit :
— Vous semblez beaucoup vous intéresser à ce pays là-haut.
Mon regard tomba vite, comme un oiseau abattu, et je vis que j’étais arrivé au mur bas de notre petit cimetière. Devant moi, au delà de ce mur, un homme tenait une pelle et souriait gravement.
— Et moi, je m’intéresse plutôt à ce pays-ci, ajouta-t-il en désignant la terre noire et humide qui, en plus d’un endroit, transparaissait entre les nombreuses feuilles sèches qui se murent en bruissant, avant que je me fusse aperçu qu’un vent s’était levé.
Une horreur subite me saisit :
— Pourquoi faites-vous cela ? m’écriai-je.
— Il nous nourrit, n’est-il pas vrai ? et puis, je vous en prie, tous les hommes ne font-ils pas comme moi ? Ils ensevelissent Dieu là-bas, comme je fais les hommes ici.
Il montra le ciel, et m’expliqua :
— Oui, cela aussi, c’est un grand tombeau, où croissent en été beaucoup de myosotis sauvages.
Je l’interrompis :