Et les mains depuis lors s’y essaient, mais elles ne peuvent que commencer ce qu’elles font. Sans Dieu, il n’y a pas d’accomplissement. Et enfin elles furent lasses. A présent elles s’agenouillent du matin au soir et font pénitence ; ainsi du moins raconte-t-on. Mais nous croyons que Dieu se repose, parce qu’il est fâché contre ses mains. C’est toujours encore le septième jour qui dure.

Je me tus un instant. Madame la voisine mit, avec beaucoup de bon sens, ce silence à profit :

— Et vous croyez que la réconciliation ne se fera plus jamais ?

— Oh si, répondis-je. Du moins je l’espère.

— Et quand cela sera-t-il ?

— Je pense, quand Dieu connaîtra l’aspect de l’homme que ses mains ont lâché contre sa volonté.

Madame la voisine réfléchit, puis elle eut un rire :

— Mais il n’aurait eu qu’à regarder en bas.

— Pardonnez, répondis-je gentiment, votre remarque témoigne d’un esprit très subtil, mais mon histoire n’est pas encore finie. Or donc, lorsque les mains se furent effacées et que Dieu put de nouveau dominer la terre du regard, une minute de nouveau s’était écoulée, ou disons : un millénaire, ce qui, nous le savons, revient au même. Au lieu d’un homme, il y en avait un million. Mais tous étaient déjà habillés. Et comme la mode était alors justement très laide, Dieu se fit des hommes une idée très fausse et — je ne veux pas le dissimuler — plutôt défavorable.

— Hum, fit la voisine qui voulait dire quelque chose.